vendredi 6 septembre 2013

Vendredi 6 septembre : Une application mobile pour identifier les plantes

http://identify.plantnet-project.org/fr/

Bienvenue sur Pl@ntNet-Identify,

un outil d'identification par similarité visuelle réalisé dans le cadre du projet Pl@ntNet


Pl@ntNet-identify est une application web d’aide à l’identification des végétaux afin de faciliter l’accès, la collecte et le partage d’informations sur les plantes. Elle s’adresse à tous les publics intéressés par les plantes, de l’expert au promeneur curieux ne maîtrisant pas forcement les codes et le vocabulaire des botanistes.

Pl@ntNet-identify s’appuie sur le moteur de recherche visuel Ikona-maestro développé à l’Inria initialement par l’équipe Imedia puis amélioré dans le cadre du projet Pl@ntnet.

Ce travail s'inscrit dans une démarche plus large, visant à développer de nouveaux modes de recherche d'information sur les plantes, notamment évaluer dans le cadre du forum international ImageCLEF.

Mode d’emploi

Le fonctionnement est simple et intuitif : soumettez quelques photographies ou/et des scans sur des détails d’une plante à identifier (une fleur, une feuille, un fruit, l’écorce …). Les images sont ensuite comparées automatiquement en quasi temps réel avec une des bases de données que vous aurez préalablement choisie selon la localisation géographique de votre observation et le type d'image que vous soumettez (flore sauvage de France, scan de feuilles d’arbres, etc).

Une liste des espèces les plus similaires vous est ensuite proposée et vous évite ainsi à parcourir manuellement des milliers d’espèces. Cliquez sur « Détails et description de l’espèce » afin d’obtenir plus d’informations sur la plante. Ces bases de données sont pour la plupart construites de manière collaborative, et sont amenées à couvrir de plus en plus d’espèces et d’images afin d’améliorer progressivement la pertinence des résultats.

Une fois votre espèce retrouvée, vous pourrez appuyer sur le bouton «Valider et contribuer » afin de prendre part à cette collaboration et à votre tour contribuer à améliorer la pertinence des résultats. Retrouvez également la plupart des fonctionnalités de PlantNet-Identify en version mobile exclusivement orientée pour le moment sur la flore sauvage de France.

http://www.plantnet-project.org/papyrus.php?langue=fr

jeudi 5 septembre 2013

Jeudi 5 septembre : Connaissez vous le calice de Held ?

L’origine de la synapse géante qui nous évite un décalage auditif

 Pour voir directement les images : 

Les humains et la plupart des mammifères peuvent déterminer l’origine spatiale des sons avec une remarquable acuité. Nous utilisons cette capacité tout le temps : pour traverser la rue, pour localiser un téléphone portable invisible qui sonne dans une chambre en désordre. Pour accomplir ce petit miracle quotidien, le cerveau a développé un circuit qui est suffisamment rapide pour détecter l’infime décalage qui se produit entre le moment où l’information auditive atteint l’une de nos oreilles, et le moment où elle atteint l’autre. Le coeur de ce circuit est le “calice de Held”, la plus grande synapse connue dans le cerveau.
Les chercheurs de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) ont mis en évidence le rôle que joue une protéine spécifique dans l’initiation de la croissance de ces synapses géantes. La découverte, publiée cette semaine (lien plus bas), pourrait également contribuer à faire la lumière sur un certain nombre de troubles neuropsychiatriques.
Normalement, les neurones ont des milliers de points de contact, appelés synapses, avec les neurones voisins. Dans un laps de temps donné, un neurone doit recevoir plusieurs signaux de ses voisins afin d’être en mesure d’envoyer son propre signal en réponse. De ce fait, l’information passe d’un neurone à l’autre d’une manière relativement aléatoire. Dans la partie “auditive” du cerveau, le nucleus olivaris superior, ce n’est pas le cas. Les synapses se développent pour atteindre de très grandes tailles, et ces mastodontes sont connus en tant que synapses "calice de Held". Parce qu’elles ont des centaines de points de contact, elles sont capables de transmettre à elle seul un signal à un neurone voisin. le professeur de l’EPFL, Ralf Schneggenburger, qui a dirigé l’étude, la compare à une communication peer-to-peer entre les neurones. Le résultat est que l’information est traitée très rapidement, en quelques fractions de millisecondes, au lieu du rythme “lent” de plus de 10 millisecondes qui se produit dans la plupart des autres circuits neuronaux.

Quatre images différentes de calices de Held (orange), un type de synapse géante, qui est reliée aux neurones MNTB pour “Medial nucleus of the trapezoid body” (vert) et relais l’information vers ces neurones. 
 Figures (Converted)-1
Le GIF d’entête, tirée de l’étude : la reconstruction d’un Medial nucleus of the trapezoid body (MNTB) dans la partie du cerveau qui traite les sons (Superior olivary complex). Le MNTB se compose principalement de neurones avec des corps cellulaires ronds qui utilisent la glycine comme neurotransmetteur. Chaque neurone du MNTB est pourvu de calice de Held. GIF réalisé par votre Guru à partir de la vidéo originale.

Pour isoler la protéine responsable du contrôle de la croissance de cette synapse gigantesque, les scientifiques ont dû effectuer de minutieuses recherches. En utilisant des méthodes d’analyse de l’expression des gènes chez la souris, ils ont identifié plusieurs membres de la famille des protéines "BMP" (Bone morphogenetic proteins) parmi plus de 20 000 candidats possibles.Pour vérifier qu’ils avaient vraiment identifié la bonne protéine, les chercheurs ont désactivé les récepteurs de protéines BMP dans la partie auditive du cerveau de la souris.

Selon Xiao, l’auteur principal de l’étude :
Le signal électrophysiologique, résultant du calice de Held, a été modifié de façon significative. Cela suggère une grande différence anatomique.
Les scientifiques ont ensuite reconstruit les synapses en trois dimensions à partir de tranches qui ont été observées au microscope électronique. Au lieu d’un seul grand Calice de Held, qui engloberait près de la moitié du neurone, l’image 3D du neurone montre clairement plusieurs petites synapses.
Selon les scientifiques :

Cela montre que le processus impliquant la protéine BMP n’entraine pas seulement la croissance d’une synapse, mais effectue aussi une sélection, en éliminant les autres.

L’impact de cette étude ira bien au-delà de la compréhension de notre système auditif. Les résultats suggèrent que la protéine BMP joue un rôle important dans le développement de la connectivité dans le cerveau.
L’équipe de l’EPFL enquête actuellement sur son rôle dans le reste du cerveau. Certains troubles neuropsychiatriques tels que la schizophrénie et l’autisme, sont caractérisés par le développement anormal de connexion synaptique dans certaines régions clés du cerveau. En identifiant et en expliquant le rôle de différentes protéines dans ce processus, les chercheurs espèrent être en mesure de faire la lumière sur ces troubles mal connus.

L’étude publiée sur Nature neuroscience : BMP signaling specifies the development of a large and fast CNS syn....
 

mercredi 4 septembre 2013

Mercredi 4 septembre : "La France a des atouts considérables mais va devoir faire des choix"

http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202974974160-pascal-lamy-pascal-lamy-la-france-a-des-atouts-considerables-mais-va-devoir-faire-des-choix-599232.php

Pascal Lamy : «La France a des atouts considérables, mais va devoir faire des choix»
Interview publiée dans Les Echos

Vous quittez samedi soir la direction générale de l’OMC après deux mandats. Après avoir été commissaire européen au Commerce, est-il envisageable de vous voir exercer prochainement des responsabilités nationales dans un gouvernement remanié ?

Je n’ai pris aucun engagement. Je veux prendre mon temps et goûter ces quelques moments de liberté. A soixante-six ans, on ne prend pas les mêmes décisions qu’à cinquante-six ans ou à quarante-six ans. Je vais réfléchir à la question posément et calmement.



Ces dix dernières années, les échanges commerciaux ont littéralement explosé avec l’apparition de nouveaux acteurs tels que la Chine notamment. Ce mouvement va-t-il se poursuivre ?

Probablement. Le progrès technologique, moteur de la croissance du volume des échanges commerciaux, va continuer. La technologie réduit considérablement les coûts liés à la distance et favorise la localisation des acti¬vités de production de biens ou de services là où elles sont les plus efficaces, comme l’a décrit Ricardo au début du XIXe siècle. ¬Toutefois, ce n’est pas la -progression du volume du commerce qui importe mais celle de la valeur ajoutée. C’est elle qui détermine le produit national brut d’un pays, donc sa croissance. Car, en raison de l’essor des chaînes de production de plus en plus globales, le contenu en importation des exportations ne cesse de croître. Il est passé de 20 % à 40 % en vingt ans et atteindra probablement 60 % d’ici à vingt ans. Seules des crises globales comme celle dont nous sortons peut-être ou des difficultés à financer le commerce international pourraient remettre en cause cette tendance. La multiplication de barrières non tarifaires pourrait aussi constituer un frein. Elles concernent la précaution au sens large et constituent l’un des enjeux majeurs de demain. Il s’agit aujourd’hui de savoir si l’harmonisation qui permet le nivellement des conditions réglementaires se poursuivra. Cela n’a rien d’évident. Car nous touchons là à un domaine politiquement ¬sensible, celui des préférences collectives. Celles-ci concernent aussi bien les normes d’émission carbone que les OGM, la qualité des ¬aliments, la sécurité des jouets et la protection des données privées, les normes prudentielles en matière de banque et d’assurance, voire le bien-être des animaux. Selon que ces sujets sont abordés bilatéralement ou multilatéralement, les résultats pour le commerce international seront différents.

Au cours de ces dix dernières années, la France a perdu du terrain et des parts de marché sur le plan commercial. Comment l’expliquez-vous et comment y remédier ?


Je ne suis pas d’accord avec l’idée que la France a été une des grandes perdantes de la globalisation. Si vous observez ses échanges commerciaux, ce n’est pas avec les pays émergents que les déséquilibres se sont creusés le plus. Deux tiers des échanges de la France se font avec des partenaires commerciaux qui partagent en gros les mêmes normes, le continent européen et les Etats-Unis. La France a donc plus un problème de compétitivité que de concurrence faussée par les pays tiers. Il faut recaler le GPS. Penser que ce sont les salaires chinois qui sont responsables du déficit commercial français est une erreur. Comme toute erreur de diagnostic, elle a des conséquences sur la ¬thérapie à adopter.

C’est pourtant le discours que l’on entend parmi certaines élites françaises, sans oublier le problème de la mauvaise spécialisation de l’économie française...


Reporter le problème sur le dos des autres est contre-pédagogique. Je note que la France a beaucoup ¬augmenté ses exportations avec la Chine et avec d’autres pays émergents. Qu’il y ait un problème de spécialisation, j’en ¬conviens. Mais la France a des atouts considérables. C’est ce qu’ont révélé aussi bien le rapport Gallois que la note du commissaire à la stratégie et à la -prospective, Jean Pisani-Ferry, à l’occasion du séminaire gouvernemental qui vient d’être consacré à cette question. La spécialisation est incontournable. La France va devoir faire des choix. Elle ne peut pas être bonne partout. Il faut réfléchir et porter le bon jugement sur la dynamique des marchés, et sur nos forces et nos faiblesses.

La France n’est pas la seule à être en crise. En Europe, exception faite de l’Allemagne, le manque de croissance, si ce n’est la récession et la hausse du chômage qui en résultent, est imputé en partie à une vision naïve sur le plan commercial. Partagez-vous cette analyse ?

Non. Cette idée relayée aussi bien par Nicolas Sarkozy que par Arnaud Montebourg s’apparente au jeu du bonneteau. L’Europe, comme le vérifie régulièrement l’OMC, se protège aussi bien que les économies comparables. Il n’y a pas de base factuelle à cette invocation d’une Europe qui serait l’idiot du village global. Si l’Europe subit la crise depuis plus longtemps que les autres, c’est parce que son système financier joue un rôle plus important dans l’économie et qu’il est plus intégré du fait de l’euro. Comme l’avait regretté Jacques Delors à l’époque, on a fait l’euro sans réaliser l’union bancaire. Depuis ces quatre dernières années, les Européens ont perdu beaucoup trop de temps sur ce sujet. Les Etats-Unis, eux, sont sortis plus vite de la crise, la taille du bilan de leurs banques étant bien plus faible qu’en Europe. Ils n’ont par ailleurs pas ces problèmes d’union bancaire à régler et ont donc moins tergiversé pour assainir leurs banques. En Europe, le ¬système bancaire n’est pas encore assez assaini pour que l’économie puisse croître de 2 % par an et faire reculer le chômage.

Contestez-vous l’idée selon laquelle la crise frappe principalement les pays du G7 du fait de leurs déficits des balances commerciales, au profit

des pays émergents ?


Ce sont des déséquilibres macro¬économiques qui s’expriment sous forme de déficits commerciaux. Les Etats-Unis sont en déficit car ils ¬consomment trop et n’épargnent pas assez. Depuis trente ans, le déficit américain vis-à-vis de l’Asie est stable, à 3 % du PIB. Ces déséqui¬libres ne constituent pas un ¬problème s’ils sont financés de manière soutenable. Aujourd’hui, c’est un fait, la Chine finance les Etats-Unis. Est-ce soutenable ? Je ne sais pas.

Comment peut-on concilier la mondialisation des échanges commerciaux et la création par les multi-nationales de chaînes de production globales avec des politiques économiques nationales ?

C’est une question très complexe. La globalisation ne signifie pas l’uniformisation. Une des dynamiques de la mondialisation provient justement des différences entre les pays. C’est l’exploitation de ces ¬disparités qui a favorisé l’émergence et le développement des chaînes de production mondiales et qui ¬permet, au final, l’échange commercial. Nonobstant ces différences, il faut aussi des règles, des disciplines communes. Reste qu’en matière d’intégration du capitalisme de marché, la poli¬tique mondiale a pris du retard. Cela ne veut pas pour autant dire qu’il ne faille pas cultiver les spécificités locales ou territoriales. Au ¬contraire. Ces questions d’appartenance sont au cœur de l’organisation du monde moderne.

Le G20 n’aurait-il pas un rôle à jouer sur ce plan ? Est-ce qu’il le joue, selon vous ?

Hélas, non. Car le forum du G20 s’est bureaucratisé dès sa naissance. A l’origine, le G5, devenu entre-temps le G7 puis le G8, s’appuyait sur un concept simple : une réunion informelle entre leaders ¬politiques pour aborder l’essentiel, librement, sans enjeu majeur de décision. Le G20, lui, passe des heures à discuter de la répartition des quotas entre les uns et les autres au sein du Fonds monétaire international. Il devrait ¬aborder des sujets plus fonda¬mentaux. Trop de temps est ¬consacré à la rédaction de communiqués que chaque leader s’empresse de s’approprier face à ses médias nationaux. Il faut retrouver l’esprit de « brainstorming » des débuts du G5.

Iriez-vous jusqu’à dire que les leaders actuels manquent d’envergure ?

Oui, c’est un fait. Cela tient à l’évolution des pays, à l’augmentation rapide des classes moyennes, à l’élévation du niveau d’éducation, à la disparition des structures politiques, syndicales ou religieuses d’encadrement, ainsi qu’à la médiatisation du pouvoir. De nos jours, il est plus difficile d’être un leader politique de grande qualité avec une véritable vision à long terme. Nous sommes aujourd’hui dans le zapping politique. Les leaders tels que Helmut Kohl, François Mitterrand, Zhu Rongji et Lula ne sont plus là.

Les discussions multilatérales étant au point mort, les accords commerciaux bilatéraux se multiplient. Certains vont même jusqu’à dire que les Etats-Unis veulent se substituer à l’OMC. Qu’en pensez-vous ?

Pour l’instant, la plupart de ces grands accords commerciaux en sont encore au stade de l’intention plutôt que de la réalisation. Par exemple, les discussions entre l’Europe et le Conseil de Coopération du Golfe ont débuté il y a 30 ans. La question est de savoir si, à la fin, il y aura convergence, synergie entre ces multiples accords bilatéraux afin qu’ils consolident le multilatéralisme. Depuis 50 ans, la réponse est oui. Car ces accords se concentraient essentiellement sur la réduction des tarifs douaniers favorable, in fine, au multilatéralisme. Mais, à l’avenir, l’essentiel des accords portera sur des aspects de réglementation, ce que l’on appelle les barrières non tarifaires. Il est encore trop tôt pour savoir si les accords en négociation vont créer des blocs commerciaux distincts avec une multitude de réglementations ou favoriser au contraire une certaine harmonisation. Je constate simplement qu’à ce stade, l’intention de convergence n’a pas été exprimée. Il me semble que chacun des grands acteurs se dit, in petto, qu’il parviendra à faire partager son propre système de normes par les autres. C’est mathématiquement impossible. Ces négociations promettent donc d’être difficiles.

Propos recueillis par Richard Hiault

mardi 3 septembre 2013

Mardi 3 septembre : à quand un immeuble Vinci Immobilier avec une façade recouverte d'algues ?

http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/19/un-projet-de-biofacade-a-microalgues-subvention-etat_n_2906951.html?ncid=edlinkusaolp00000003

Une biofaçade contenant des micro-algues obtient le soutien de l'État

ÉNERGIE - Il s'agit d'une première en France. Un projet de "biofaçade", un procédé qui permet de produire de l'énergie avec des microalgues a décroché des aides publiques de 1,7 million d'euros. Un soutien financier de l'État non négligeable pour accompagner le coût global de l'opération, estimé à 4.9 millions d'euros.
Mené par Séché Environnement, un groupe d'origine lavalloise spécialisé dans le traitement des déchets, le projet baptisé SymBio2 pourrait être installé "en fonction des résultats des études en cours" sur les murs de l'incinérateur Alcéa de Séché Environnement à Nantes, indique l'entreprise dans un communiqué.

Réduire la consommation de chauffage

En cultivant des micro-algues dans des "photoréacteurs" installés sur la façade et développés par le laboratoire de recherches, puis en les transformant en énergie, le procédé permet selon SymBio2 de réduire "de plus de 50% les consommations de chauffage et rafraîchissement par rapport à un bâtiment standard" répondant à la toute nouvelle règlementation thermique française, la RT 2012.
La façade, qui est à une température constante d'environ 18 à 20 degrés grâce à l'effet des serres verticales, limite en effet la consommation d'énergie en hiver quand il faut chauffer et en été quand il faut rafraîchir le bâtiment. Les microalgues, quant à elles, seront récoltées pour le marché des compléments alimentaires à haute valeur ajoutée, mais pas pour produire de l'énergie.
Utiliser ces microalgues comme combustible, "ce serait comme brûler des billets de banque", a expliqué à l'AFP Olivier Scheffer, le directeur de la R&D de X-Tu Architects, qui a conçu l'installation. Dans le cas de l'incinérateur, la chaleur de la combustion, le CO2 des fumées ainsi que les eaux pluviales seraient utilisées pour la culture des microalgues auxquelles la rechercher accorde de plus en plus de valeur à mesure qu'elle découvre leur potentiel.

Nouvel "or vert"

Aujourd'hui, les microalgues sont en effet abonnées aux mouvements de capitaux à grande échelle, et de là à parler d'un nouvel "or vert" ce n'est peut-être plus qu'une question de temps.
En France, un projet similaire à celui de l'entreprise lavalloise est actuellement en cours de développement par la start-up française Ennesys en banlieue parisienne. Basée à Nanterre, à quelques encablures de la Grande Arche de la Défense, l'entreprise francilienne abrite sur près de 2300 m2 des micro-algues utilisées pour purifier les eaux usées, produire de l'électricité et absorber les émissions de CO2.

Début 2013 déjà, Algae Tech LTD, une entreprise australienne tournée vers l'exploitation des micro-algues dans la production de biocarburants, annonçait qu'elle prévoyait de vendre 200 millions de dollars d'obligations en Europe pour financer son expansion.
Le 17 janvier, bis repetita, côté américain cette fois. Le département de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables du ministère de l’Énergie annonçait qu’il allait financer la recherche dans le biocarburant issu des algues à hauteur de 10 millions de dollars.

Le carburant du futur ?

Alors que l'ONU réclame l'arrêt du superéthanol en Europe, les micro-algues constituent en effet l'une des solutions les plus étudiées pour remplacer le pétrole.
Cet organisme microscopique que l'on trouve dans les lichens, les champignons ou la vase séduit de plus en plus de scientifiques et d'entrepreneurs soucieux de se tourner vers des produits qui n'entrent pas en concurrence avec les terres agricoles et la production de denrées alimentaires.
Les micro-algues affichent en effet un rendement jusqu'à dix fois supérieur à celui des agro-carburants traditionnels et ont l'avantage d'être à la fois faciles à cultiver, de nécessiter moins d'espace au sol et d'avoir une croissance rapide.
Reste à évaluer leur modèle économique et à anticiper l'effet d'une telle production sur l'environnement. En clair, il s'agit désormais de faire des économies d'échelle pour pouvoir concurrencer les énergies conventionnelles comme le pétrole ou le gaz.

Un lampadaire écolo, capteur de CO2

Mais ce ne sont pas les seules qualités de ces organismes photosynthétiques microscopiques. Le panel d'applications possibles à partir de leur utilisation est presque aussi large qu'il existe de variétés de micro-algues.
Si les Aztèques mexicains pratiquaient déjà l'algoculture de la spiruline comestible Arthrospira au xvie siècle pour ses qualités nutritionnelles, elles sont aujourd'hui couramment vendues comme compléments alimentaires et comme aliments fonctionnels.
La vente des produits dont elles rentrent dans la composition pèserait même près de 4 milliards d'euros à l'échelle mondiale selon Philippe Tramoy, biochimiste auteur de nombreuses études de marché dans le domaine.
À Libourne, un scientifique leur a même trouvé une application qui pourrait bien révolutionner la lutte contre l'effet de serre en milieu urbain. Pierre Calleja, ingénieur biologiste, également fondateur de Fementalg, une société à la pointe du développement des micro-algues, a profité des qualités photosynthétiques du micro-organisme pour mettre au point un lampadaire capable de capter le CO2 selon un processus qui résulte des propriétés naturelles des algues, habituées à se nourrir de dioxyde de carbone.

lundi 2 septembre 2013

Lundi 2 septembre : Sportif et rafraichissant

http://www.lemonde.fr/sport/article/2013/08/27/sport-nautique_3467188_3242.html


avec une vidéo pour bien se rendre compte : http://www.youtube.com/watch?v=gs0e-8E0q4E

Les chevaliers de l'eau
Le Monde.fr | 27.08.2013 à 17h08 • Mis à jour le 27.08.2013 à 18h23 |

Face à face, deux barques se croisent. A bord de chacune d'elles, à l'aide d'une perche, un combattant tente de pousser à l'eau son vis-à-vis. Bas-relief de l'Egypte antique ? Fresque du Moyen-Age ? Ni l'un ni l'autre. On pouvait en réalité assister à ce genre de duel, pas plus tard que le week-end passé, à l'occasion des championnats de France 2013 de joute nautique (en méthode lyonnaise et givordine). La compétition a réuni 64 jouteurs sur les bords de l'Oise, dans le département du même nom, à Longueil-Annel. Et ce fut du sport.

"Ça fait travailler les jambes, le buste, les épaules, il faut avoir le pied marin et être solide sur ses appuis", liste l'ancien champion de France Eddy Lanzas, 41 ans, présent au milieu de 3 000 spectateurs. "Avec des lances de plusieurs mètres (de 4,6 à 6 mètres), ce n'est pas de la rigolade pour celui qui se fait éperonner", ajoute le président de la Fédération française de joute et de sauvetage nautique (FFJSN)... qui n'est autre que Louis Nicollin, en poste depuis 1977, plus connu du grand public pour ses dérapages verbaux et pour le club de football qu'il a façonné à Montpellier à partir de 1974.

Si ce jeu folklorique et 100% amateur a pu survivre jusqu'à aujourd'hui, c'est précisément grâce à son "processus de sportivisation", "entre spectacle et rituel, entre performance et jeu, entre compétition et loisir," comme l'explique l'ethnologue Jérôme Pruneau, dans le Dictionnaire culturel du sport (Armand Colin, 2010). Autrefois destinée à des pratiques guerrières, puis à des fêtes auxquelles participaient bateliers et pêcheurs, la joute nautique a commencé à glisser "vers une modalité sportive dans les années 1950".

6 000 LICENCIÉS AU FIL DE L'EAU

"La joute nautique a été reconnue en France comme un sport en 1960, la Fédération française a été créée en 1964 et agréée par le ministère des Sports en 1971, bien que des traces écrites attestent que cette activité existe en France dès le XIIème siècle", récapitule avec érudition Patrick Bertonèche, ancien membre de la Marine nationale et auteur de l'ouvrage Joutes nautiques en France, des origines à nos jours (Le Chasse-Marée/Armen, 1998).

La joute nautique n'en reste pas moins un sport très local. Plusieurs méthodes subsistent, avec des règles différentes suivant les endroits : la Givordaise-Lyonnaise, dont la finale des championnats de France a eu lieu à Longueil-Annel, la Languedocienne, la Parisienne, l'Alsacienne et la Provençale. Secrétaire générale de la FFJSN, Anne-Lise Perret explique : "Un peu comme pour l'escrime avec l'épée, le fleuret et le sabre, nous avons différentes variantes. Même si on souhaite aller au-delà du régionalisme et toucher des endroits qui n'ont pas encore cette tradition, la joute a toujours un très fort ancrage régional."

Et de poursuivre : "Alors que le monde se modernise de plus en plus, à l'heure d'Internet, c'est un peu comme si nos 6 000 licenciés voulaient savoir d'où ils viennent, retrouver leurs racines." Aujourd'hui, même si les pratiquants ne sont plus forcément en grande majorité des bateliers ou des pêcheurs, comme c'était le cas au temps jadis, ils demeurent toujours "très attachés", selon elle, aux fleuves et cours d'eau près desquels ils habitent, qu'il s'agisse de la Seine, de l'Oise, du Rhin, ou encore de la Méditerranée.

LE GRAND RENDEZ-VOUS DE LA SAINT-LOUIS

Ce que confirme Eddy Lanzas, qui a grandi dans la région rhodanienne et gagne sa vie comme responsable de chantier : "J'ai été élevé à Givors près d'un basin de joute, à proximité du Rhône, alors j'ai commencé ce sport dès l'âge de 8-9 ans. Aujourd'hui, je joute encore, et mes enfants aussi. La joute nautique se pratique de début mai à fin septembre. Sinon, le reste de l'année, comme c'est un sport de force, beaucoup de jouteurs jouent au rugby." La joute nautique repose donc, encore aujourd'hui, sur une forte fibre patrimoniale.

Tous les ans, fin août, avec fanfare et tenues blanches de circonstance, les joutes organisées durant la fête de la Saint-Louis attire ainsi en moins d'une semaine une dizaine de milliers de curieux à Sète. Hommage à Louis Nicollin ? Les origines de ces festivités remontent en fait à l'été 1666, date de l'inauguration du port sétois. Avec au moins sept sociétés de joute nautique, cette cité héraultaise fait toujours figure de référence nationale. Voire internationale : hormis la France, peu de pays possède de tels chevaliers aquatiques, propulsés sur des barques par des rameurs.

"J'ai des contacts avec l'Allemagne, Angleterre, et l'Italie, et des sociétés de joute strasbourgeoises ont déjà participé à des joutes en Bavière, par exemple", assure Anne-Lise Perret. Pour autant, il n'existe pas encore de grandes compétitions, ni même de structures internationales. "On en parlera à notre prochaine assemblée générale", promet "Loulou" Nicollin. Originaire de Saint-Fons, en périphérie de Lyon, ce personnage haut en couleurs a pris les commandes de la Fédération française de joute nautique et secourisme pour succéder à son père Marcel, décédé, qui avait par ailleurs fondé l'entreprise familiale de collecte de déchets qu'il détient encore à l'heure actuelle.

LES NICOLLIN, UNE HISTOIRE FAMILIALE

"Les gens de la joute ont voulu que je le remplace, et vu que je les aime bien, j'ai accepté. Bon, je n'y suis pas souvent, juste pour les championnats de France ou quelques réunions, point barre. C'est un sport sain où il n'y a pas d'histoires d'argent", apprécie la 424e fortune de France, classée ainsi en 2013 par l'hebdomadaire Challenges. Déjà impliqué dans le football, le handball, le basket, le rugby et même la pétanque, le grand manitou du sport montpelliérain poursuit: "La joute reçoit quand même une subvention de l'Etat, comme le tambourin ou la pelote basque, dirons-nous. Et attention, on a quand même quelqu'un pour le secrétariat, on n'est pas des pin'tchous complets."

Sa principale marotte a beau être le football, "chez nous, Louis Nicollin, c'est vraiment Dieu", s'exclame quant à elle Anne-Lise Perret, qui rappelle la chose suivante : "Il nous aide à hauteur de plusieurs milliers d'euros, ce qui représente environ la moitié de la subvention ministérielle [entre 20 000 et 30 000 euros]". Plutôt appréciable quand on sait que le budget de la FFJSN se borne à 130 000 euros annuels. Et heureusement qu'il n'y a pas de loyer à payer pour le siège de l'organisation : le QG se trouve en effet sur les terres de Louis Nicollin, encore lui, dans l'une de ses propriétés à quelques encablures de Lyon.

Adrien Pécout

mercredi 28 août 2013

Mercredi 28 aout : Courir pour la paix au Liban, c'est plus qu'urgent !

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/08/21/may-el-khalil-fait-courir-les-libanais-pour-la-paix_3464357_3208.html

May El-Khalil fait courir les Libanais pour la paix

Le 11 novembre 2012, 33 000 personnes ont pris le départ du marathon de Beyrouth, bataillant contre la pluie, le froid, le vent. Et la guerre civile. En dix ans, l'épreuve est devenue l'une des manifestations sportives les plus importantes du Proche-Orient et un symbole précieux : celui de l'espoir et de la coopération dans l'une des zones les plus fragiles du monde. Celui d'une société civile en quête d'apaisement. Cet événement, hautement politique, a été rêvé, lancé, porté par une femme autodidacte, au corps cassé mais à la volonté de fer : May El-Khalil.
En juin, à Edimbourg, sur la scène de TEDGlobal, en jean délavé, talons aiguilles et veste d'homme, la petite cinquantaine, elle confirme : toutes ces années, le Liban s'est divisé, affronté : "Notre Parlement a démissionné, nous n'avons pas eu de président ni de premier ministre pendant de longs mois, mais chaque année depuis 2003, il y a eu un marathon", traversant les différentes parties de la ville meurtrie et ses dix-huit communautés religieuses. Une fois par an, May El-Khalil met tout le monde d'accord. "Ce n'est pas tant le projet que mon histoire qui les a convaincus." Celle d'une résilience, qu'elle raconte sans forfanterie.

Druze, May El-Khalil grandit dans les années 1960 sur les hauteurs du mont Liban, à Aley : "On vous enseigne que la vie vous a été donnée pour accomplir certaines choses." A 18 ans, elle se marie avec l'amour de sa vie, un entrepreneur libanais. Elle le suit au Nigeria où il se voit confier la licence Fanta et Coca-Cola. Femme d'expatrié, May El-Khalil n'a pas le droit de travailler. Alors elle "joue le rôle de l'épouse consacrée à la carrière de son mari".

Ils ont quatre enfants, l'activité de son époux prospère, May El-Khalil ne tient pas en place. "J'étais comme une éponge là-bas, j'avais toujours ce besoin d'aider et aussi de canaliser mon énergie, de me discipliner. Et j'ai fait cela avec le sport." Elle se met à l'aérobic, devient professeur. Elle découvre la course à pied, attrape le virus, cavale sur de longues distances. "C'était comme une méditation. J'avalais des kilomètres en rêvant énormément, me demandant comment je pouvais bien essayer d'être utile dans cette vie." Elle crée une ONG locale avec des épouses libanaises, ronge son frein.

DEUX ANS À L'HÔPITAL

La famille rentre définitivement au Liban après vingt-trois années d'expatriation, au début de l'an 2000. Le pays sort de la guerre civile. May El-Khalil continue ses courses, partout : "Longtemps, j'ai été l'une des seules femmes à courir dans les rues de Beyrouth." Un matin de novembre 2001, perdue dans ses pensées, en plein effort, elle ne voit pas le bus, ne l'entend pas klaxonner. Il l'écrase contre la rambarde de sécurité : deux fémurs cassés, hanches et dents brisées, peau arrachée, coma prolongé. May El-Khalil reste deux ans à l'hôpital. "Jusqu'alors, je courais sur la corniche pendant des heures. C'était assez inhabituel. Je souriais, disait bonjour. Je devais susciter quelque chose de positif. Les gens m'ont remarquée. Et quand j'ai disparu, ils m'ont cherchée. Il n'y avait pas un jour sans que quelqu'un, souvent que je ne connaissais pas vraiment, ne m'apporte des fleurs ou ne vienne me tenir compagnie."

May El-Khalil ne pourra plus courir. Elle subit 36 opérations pour pouvoir remarcher, passe par toutes les étapes : le déni, l'effondrement, et puis le rebond. "Tout le monde m'aidait. Je voulais donner le change. Il me fallait un projet pour nous tous."

COURIR PAR PROCURATION

Sur son lit d'hôpital, elle se remet à rêver : elle va courir par procuration, organiser un marathon. A peine debout, elle va voir les écoliers, les miliciens, les parlementaires, le maire, le président de la République même : "Il fallait introduire le concept de la course à pied dans un pays qui était toujours au bord de la guerre civile, auprès de personnes qui passaient leur temps à s'opposer, à s'entretuer."

Touchés par son histoire, bluffés par son culot, la plupart s'inclinent devant son rêve : le Liban peut être autre chose qu'un pays fracturé par la religion et la politique. Le sport peut faire disparaître les clivages, même si ce n'est qu'une journée.

Les sponsors ne se pressent pas. Alors, son mari finance le lancement : deux ans après son accident, la première édition du marathon de Beyrouth accueille 6 000 coureurs dans un calme olympien. "A partir de là, notre projet a grossi en même temps que les problèmes politiques du pays." May El-Khalil s'adapte, ne lâche rien. Après l'assassinat du premier ministre, Rafiq Hariri, en 2005, le pays se trouve au bord du chaos. Elle organise une course de 5 km, le 14 février : 60 000 personnes s'élancent vêtues de blanc dans un silence plus fort que la colère. Ces "réunions" deviennent des symboles de paix et d'unité, une fête nationale. "C'est une plate-forme pour tous les partis, qui affichent ici leurs bonnes intentions, dit-elle. En Occident, vous courez pour montrer que vous êtes individuellement forts. A Beyrouth, nous courons pour montrer que nous pouvons aussi être unis."

Elle veut croire que le conte n'est pas terminé. La petite Druze mariée à un riche entrepreneur, femme au foyer accro à la course à pied, polyfracturée de la route a réussi à faire courir son monde : les Beyrouthins meurtris par les tensions, les femmes, les enfants, les parlementaires, les membres de la force ONU au Liban... Aujourd'hui, elle rêve de faire entrer "son" marathon dans le circuit des meilleures courses internationales.

Placée à côté de la mêlée, May El-Khalil peut parler à tout le monde. Elle n'a jamais douté de son bonheur ni de son énergie. Elle devait "accomplir quelque chose". Elle l'a trouvé. Sur sa route et à son rythme.

Flore Vasseur (Edimbourg (Ecosse), envoyée spéciale)

PS : "18 minutes pour convaincre" : Depuis 1984, seuls en scène, sans notes et en 18 minutes, artistes, chercheurs du MIT et humanitaires partagent visions et recherches pour le monde aux conférences TED. L'une des deux éditions annuelles, TEDGlobal, s'est tenue à Edimbourg en juin. Retrouvez chaque jour de cette semaine le portrait d'une femme ou d'un homme qui a marqué l'auditoire.

mardi 27 août 2013

Mardi 27 aout : Chanter pourrait aider à moins ronfler :-)

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/08/23/21144-chanter-pourrait-aider-moins-ronfler

Une étude anglaise constate que la pratique régulière du chant renforce les muscles de la gorge et aide à limiter les ronflements nocturnes.

En France, 15 millions de personnes ronflent la nuit, et près de trois millions souffrent d'apnées du sommeil. Un chiffre qu'il faut multiplier par deux puisque ces troubles dérangent autant celui qui dort, que son partenaire. Une étude anglaise parue dans le British Medical Journal a proposé une solution originale: le chant. Pratiqué vingt minutes par jour, il diminuerait significativement l'intensité et la récurrence de ces perturbations nocturnes.

Le ronflement, comme l'apnée du sommeil, est provoqué par un relâchement des muscles de la gorge et du palais qui compromet le passage de l'air. Ce phénomène se retrouve chez toutes les personnes puisqu'il est caractéristique de la baisse du tonus musculaire pendant le sommeil. Mais lorsque ce relâchement est supérieur à la normale, il crée des vibrations (ronflements) ou un rétrécissement des voies respiratoires tel que le souffle se coupe (apnées).

Ces troubles touchent un tiers des Français, selon le baromètre de l'Institut national de Prévention et d'Éducation pour la Santé réalisé en 2008. Il existe plusieurs facteurs qui les favorisent, sur lesquels il est plus ou moins aisé d'agir. La génétique est en partie responsable: par exemple, un individu qui hérite d'une mâchoire plus «en avant» a moins de chance d'être affecté. En revanche, l'embonpoint augmente les risques à cause du dépôt de graisse au niveau de la gorge. Enfin, si les somnifères ou l'alcool semblent contribuer à un endormissement rapide, ils accroissent surtout le relâchement des muscles buccaux et l'intensité des ronflements ou des apnées.

La thérapie par le chant

L'étude a été conduite sur 93 adultes qui rapportaient des ronflements ou des apnées légères et modérées (de 10 à 40 apnées par heure de sommeil). Les chercheurs du département d'otorhinolaryngologie d'Exeter ont proposé à leurs patients de suivre une thérapie par le chant afin de renforcer les muscles de la bouche. A raison de vingt minutes d'exercices par jour au son du disque thérapeutique «Singing for snorers» (le chant pour les ronfleurs), les résultats auraient été significatifs: au bout de trois mois, les personnes ressentaient moins de ronflements ou d'apnées du sommeil.

«Le concept de base est intéressant parce qu'il s'attaque à la cause des ronflements et de l'apnée du sommeil» explique Raphaël Heinzer, médecin spécialiste du sommeil au Centre hospitalier universitaire de Lausanne. «Mais il manque des mesures objectives sur la fréquence et l'intensité des ronflements ou des apnées» précise-t-il. Une étude similaire, publiée dans le British Medical journal en 2006, avait par exemple quantifié la récurrence des troubles du sommeil, après avoir soumis les patients à une pratique quotidienne de didgeridoo - un instrument à vent australien- réputé pour mobiliser tous les muscles buccaux.

Une pratique difficilement réalisable

Il y a un autre inconvénient: chanter à tue-tête au milieu du salon demande un certain sens de l'autodérision. «De plus, dans la pratique, est-ce qu'un médecin peut se contenter de prescrire un disque audio à son patient?» s'interroge le Dr Raphaël Heinzer. À ce jour, plusieurs traitements existent pour soigner ces perturbations. Le plus efficace est certainement le masque à pression positive continue (PPC): il envoie de l'air pressurisé qui permet aux muscles de ne pas se relâcher.

Bien que courants, les troubles du sommeil méritent d'être pris au sérieux. L'apnée du sommeil est nocive car responsable d'un déficit d'oxygène dans le sang. Elle favorise alors des pathologies comme l'hypertension ou les accidents cardio-vasculaires. Surtout, la fatigue engendrée par un rythme nocturne perturbé a des conséquences sur la vie quotidienne (vigilance au volant) et professionnelle (diminution de l'attention).